
BA Djibril NGAWA est un artiste visuel mauritanien vivant aux États-Unis d’Amérique. A New-York où il a réussi à s’imposer sur la scène culturelle après de lourds sacrifices, plusieurs galeries l’exposent. Il a fini de marquer son empreinte dans la Capitale mondiale de la culture. Cependant Il ne se limite pas seulement dans la ville la plus cosmopolite de la planète. Son horizon n’est pas obstrué. Il est façonné par les ardeurs indomptables d’un nomade dont la vie est modulée par de perpétuels mouvements à travers l’espace et temps. Il a exposé en Egypte, en Russie, en Turquie, au Nigéria, en Inde, au Bénin et au Sénégal. C’est le pastoralisme culturel. Voilà l’essence de l’œuvre de Djibril ; sa démarche et son inspiration prennent source dans ce mode de vie précaire du sahel, son royaume d’enfance. Dans ses tableaux ou à travers ses clichés, il campe les instants de vie liant l’Homme, l’Animal et la Nature : La traite des vaches, l’étendue ou la rareté du pâturage, les bêtes de somme, les coiffures et les accoutrements des bergers et bergères, l’habitat mais également de simples faits ou gestes …. Dans son œuvre, Il appelle à la prise en compte de ce triptyque (Homme, animal, nature) pour une meilleure définition des politiques de préservations de l’Environnement qui préoccupe notre monde d’aujourd’hui et dont on ignore très souvent les mécanismes de variations. De ce point de vue, Djibril est un artiste militant et engagé pour la cause des changements climatiques qui altèrent chaque jour le cadre de vie des peuples autochtones de tous les continents. A « l’école du pastoralisme » de l’artiste on apprend la simplicité et l’humilité, la persévérance et l’autorité, l’entraide et le partage…. ; autant de valeurs disparues sur l’autel du capitalisme egocentrique. Visiter une exposition de BA Djibril Ngawa à New-york, à Paris ou à Berlin, c’est échapper aux conditions étouffantes s des grandes agglomérations par une bouffée d’air frais dans le sahel, entre Doubouldé (son village natal) et Dioudé-Diéry dans le sud mauritanien. Ses tableaux offrent une véritable recréation dans la nature et nous ramènent aux premières sources de la vie. Son œuvre est un art-thérapie, c’est un antidote contre le stress et la dépression, de véritables pandémies de la vie citadine.
Yéro Amel NDIAYE, journaliste critique d’art

