
La cinquième édition de Noor Riyadh, tout aussi spectaculaire que les précédentes, s’est ouverte le 20 novembre dans la capitale saoudienne. Sous les yeux des spectateurs, 3 500 drones, orchestrés comme des feux d’artifice par Christophe Berthonneau et László Zsolt Bordos, ont donné le ton d’un festival qui, à bien des égards, se place sous le signe de la rapidité. « The Blink of an Eye – le clin d’œil – renvoie à la vitesse de la lumière, à la vitesse du temps, et nous rappelle que nous devons aussi regarder vers le Temps, avec un T majuscule », résume Mami Kataoka, directrice du Mori Art Museum de Tokyo et commissaire en chef invitée. Pendant 16 jours, jusqu’au 6 décembre, on peut découvrir les 60 œuvres que les commissaires Sara Almutlaq (pour les artistes saoudiens) et Li Zhenhua (spécialisé dans les nouveaux médias) ont sélectionnées pour raconter le changement rapide d’une ville qui s’affirme de plus en plus comme un centre culturel international dans la région. Les œuvres d’art sont réparties sur six sites, entre les architectures historiques et les stations du nouveau métro au design futuriste, inauguré il y a à peine un an, signe clair de la modernisation de la ville. Le potentiel transformateur de la lumière, élément à la fois spirituel et matériel, est exploré par les 59 artistes – dont 13 Saoudiens – à travers des œuvres poétiques et technologiques, qui transmettent « ce flash de transformation, tout en visant à intégrer l’art dans la vie quotidienne », rappelle la directrice, Nouf AlMoneef. Une promenade qui sollicite le spectateur entre des installations à grande échelle – Nebras Aljoaib, Muhannad Shono, Loris Cecchini, fuse* ; beaucoup d’écrans, dont certains interactifs – Ziyad Alroqi, Alexandra Gelis, Kurt Hentschläger, n + n Corsino ; des installations où se révèle la rencontre magique de la lumière et du mouvement – Shiro Takatani, Shinji Ohmaki, Rejane Cantoni, Shun Ito, Guillaume Cousin. « Grâce aux initiatives artistiques, davantage de jeunes choisissent cette voie, intégrant la technologie dans leur pratique. Dans dix ans, nous assisterons à l’émergence de nombreux artistes », raconte Sara Almutlaq. Le Diriyah Art Futures, musée tout récent dédié aux nouveaux médias, propose des résidences de 11 mois pour accompagner de jeunes talents dans la création d’œuvres multidisciplinaires.